5.12La conception d’une bande riveraine
Avant de planifier la construction d’une bande riveraine, il est important de définir les objectifs. Est-ce que la bande servira à contrôler les inondations? Servira-t-elle à piéger les sédiments? Faut-il que la bande séquestre les nutriments? Est-il envisageable de construire une bande pour séquestrer principalement le phosphore, sans que la dénitrification intervienne pour limiter l’apport en azote jusqu’au cours d’eau? Ce sont là des questions qui méritent toute l’attention des intervenants et qui dictent le travail de construction de la bande riveraine.
Les intervenants ont principalement deux variables qu’ils peuvent manipuler pour atteindre les objectifs fixés. Dans un premier temps, ils pourront faire varier l’épaisseur de la bande riveraine. Le tableau 5 donne quelques exemples de formules que les chercheurs ont développées pour calculer la largeur de la bande riveraine à prescrire en fonction des différents objectifs. Comme nous l’avons vu précédemment, ces formules ne peuvent que servir de guides, parce qu’elles ont été développées à partir de sous-produits de dispositifs expérimentaux restreints et sous des conditions qui ne représentent pas nécessairement les conditions des autres sites en construction.
Tableau 5. Quelques formules générales pour calculer la largeur de la bande riveraine en fonction des objectifs fixés.
| Objectif | Largeur (en mètres) |
|---|---|
| Sédiments d’après Trimble et Sartz (1957) | 7,5 + 0,6 par 1 % d’augmentation de pente |
| Qualité de l’eau (sédiments en suspension, nutriments et polluants) d’après Nieswand et al. (1990). | 15 × s½ où s est la pente en pourcentage. |
On note que ces formules tiennent compte de la pente, de la vitesse du ruissellement de surface, de la texture du sol ou encore de la densité de la végétation. Ce dernier facteur est l’autre variable que les intervenants peuvent manipuler lors de la construction d’une bande riveraine. En effet, ils peuvent assez facilement contrôler la densité de la bande en établissant différents types de végétation pour différentes fonctions (tableau 6).
Tableau 6. Type végétal et largeur de la bande recommandés pour les différentes fonctions d’une bande riveraine.
| Fonction | Type végétal | Largeur (mètres) |
|---|---|---|
| Sédiments | Graminées | 9-30 |
| Azote | Forêt | 15-30 |
| Phosphore | Graminées | 9-30 |
| Débit du cours d’eau | Forêt ou graminées | Toute la zone inondable |
| Stabilisation des berges | Forêt | Selon la densité du système racinaire |
| Pesticides | Forêt | 15 et plus |
| Température de l’eau | Forêt | 10 et plus |
Source : McNaught et al. (2003).
Dans ce sens, les intervenants établiront des bandes riveraines à deux ou trois zones constituées chacune par un type végétal distinct, de façon à maximiser les fonctions de la bande et ses bénéfices (figure 39). La première zone est constituée de graminées pour dissiper le ruissellement de surface, piéger les sédiments et une partie des nutriments. La deuxième zone est constituée d’arbres et d’arbustes pour séquestrer les nutriments et les polluants (pesticides, métaux), et réduire l’impact des inondations. Cette zone peut aussi servir à diversifier les habitats pour la faune et fournir un peu de bois pour les producteurs agricoles. La troisième zone est constituée d’arbres et d’arbustes pour stabiliser les berges.
Figure 39. Bande riveraine à trois zones pour maximiser les bénéfices environnementaux.