La sylviculture intensive et la ligniculture

6.1Définition de la sylviculture intensive et de la ligniculture

On peut définir la sylviculture comme une science qui vise à cultiver, à entretenir et à exploiter les forêts de façon rationnelle. Les forêts où l’on pratique la sylviculture sont aménagées ou semi-aménagées d’une façon ou d’une autre dans le but d’en extraire la matière première, soit la matière ligneuse.

La sylviculture « intensive » concerne plutôt l’utilisation des plantations d’arbres comme outil d’aménagement pour augmenter la production de matière ligneuse. En effet, les plantations d’arbres sont normalement caractérisées par des taux de croissance plus élevés que les forêts qui se régénèrent naturellement, à la suite d’une perturbation comme le feu ou la coupe. La sylviculture intensive joue un rôle crucial dans les stratégies de production de matière ligneuse de plusieurs gouvernements, notamment de celui du Québec. En effet, la loi 57 (avril 2013) modifie le régime forestier québécois en changeant le processus de distribution du bois, et en favorisant un aménagement écosystémique et la protection des forêts. Le gouvernement du Québec souhaite ainsi établir d’ici 2020 des aires d’intensification de la production ligneuse (AIPL) sur 15 % du territoire forestier, incluant les plantations d’arbres à haut rendement. Cette action s’inscrit dans la stratégie nationale de production de bois. La sylviculture intensive s’arrime parfaitement à cette stratégie.

La ligniculture, quant à elle, est synonyme d’utilisation de plantations d’espèces d’arbres à croissance rapide ou très rapide, afin de produire de la matière ligneuse (ex. de la fibre ou du bois pour le déroulage) dans la plus courte période de temps et sur les plus petites surfaces possible. On peut dire que c’est une forme de sylviculture « très intensive ». Elle aussi s’arrime très bien aux objectifs visés par les AIPL.

En ce qui a trait aux plantations d’arbres, il est important de noter qu’il faut parler de reboisement, lorsqu’elles sont établies sur des terrains qui étaient déjà occupés par la forêt, et d’afforestation lorsqu’elles sont établies sur des terrains où la forêt n’était pas présente pour une bonne période de temps, par exemple plus de 50 ans (ex. un champ agricole défriché en 1925, suivi de son boisement en 2017).